Quel merdier! Mes 35 ans se rapprochent à grands pas et avec eux l'heure du bilan de parcours. C'est vrai ça. Quand j'y repense, à 20 ans, j'étais ignorant. A 25, j'étais prêt à bouffer tout le monde pour avancer. A 30, mon plan diabolique des 25 ans avait en partie marché et je savourais ce que j'avais réussi à faire. Et à 35 alors? Bah rien! Plus de progression depuis quelques temps. J'ai l'impression d'avoir fait un peu le tour de mon métier. Dans une certaine mesure, j'ai même l'impression de régresser. De toute façon, il ne faut pas se voiler la face : à 35 ans, mon positionnement général dans mon domaine métier est fait. Les managers sont déjà managers, les commerciaux sont confirmés et les geeks sont des barbus.
Un truc sympa avec les réseaux sociaux, c'est de pouvoir regarder le parcours de nos anciens amis et collègues de la vingtaine. Tant qu'à faire, il ne faut pas hésiter à rajouter nos vieux amis dans la marmite, ce qui sont toujours là en chaire et en os. L'idéal même, c'est de leur proposer de regarder un peu en arrière avec vous. C'est un petit jeu auquel j'ai joué l'année dernière. Dans mon petit cercle d'amis (tous sortis de la même école), nous voulions tous monter notre boite. On avait même essayé à l'époque (2001) . Et finalement, voilà ce qui s'est passé :
Le premier a monté sa boite. Respect. Il a quelques salariés. Il travaille comme un fou, a deux enfants. Sa moitié a arrêté de travailler pour se consacrer aux enfants. Il faut dire qu'il est toujours en déplacement. Il a un bel appartement en centre-ville et visiblement pas le temps de faire autre chose que la gestion de son entreprise et son boulot.
Le second vient de divorcer. Son auto-bilan semble avoir été plus violent que les autres. Il s'offre un nouveau départ : changement de région, changement de boulot, changement d'amis (pas tous quand même - déconne pas...). C'est un "sérial bosseur". Il est parti dans le management et s'y est investi à fond. Il loue un appartement sur Paris. C'est le "George Clooney" de notre groupe. Il est libre comme à 20 ans mais avec de l'expérience et de l'argent en plus.
Les troisième et quatrième (dont moi) sont de simples salariés. Propriétaires de leur maison, des enfants en prévision ou déjà là. Ils n'ont pas beaucoup de pression dans leur travail ce qui leur permet de dégager du temps libre pour... pour... ah oui... pour faire tourner leur bétionnière (travaux obliges).
La question qui vient juste derrière est : avons-nous réussi nos choix de vie?
Notre entrepreneur aimerait bien avoir une maison et du temps comme les deux salariés. Il me semble que sa boite commence à être pesante et qu'il aimerait bien s'en détacher. Pour ma part, je le regarde avec un peu de regret de n'avoir pas moi-même tenté la création d'entreprise. Notre "George Clooney", quant à lui, a carrément fait un "reset" total. Je crois donc qu'aucun d'entre nous n'a complètement réussi sont choix de vie. Par contre, une chose est certaine, chacun a fait un choix à un moment ou un autre.
Alors quid de l'entreprenariat? Je discute régulièrement avec une amie qui a les deux casquettes : salariée et entrepreneur. Et notre avis est clairement tranché : quel confort d'être salarié. Quel bonheur de ne pouvoir se consacrer qu'à son métier (à condition de l'aimer bien sûr). En revanche, pas question de s'endormir sur nos lauriers. Il faut bouger d'entreprise sinon le risque est de voir l'ennui s'installer et la motivation s'envoler. C'est un peu mon cas en ce moment. Il va peut-être falloir bouger...
Quid du salariat? J'ai un contre exemple sur le "bonheur du salariat". Un ami très expérimenté va de boite en boite et de déception en déception. Il n'arrive pas à trouver LE projet qui lui convienne. Dans son cas, c'est peut-être la création d'entreprise qui lui faudrait. Mais avec deux enfants et un crédit sur la maison, le choix de se lancer n'est pas trivial. Je crois que cette question se reposera quand les enfants auront grandi et que la maison sera payée.
Après réflexion, j'aurais donc tendance à penser que l'entreprenariat se fait mieux à la vingtaine ou à la quarantaine. Pour les autres périodes, le salariat semble idéal. Enfin non... l'idéal, c'est d'être rentier (mais restons réalistes).
Et la Rolex dans tout ça? Et bien pour un codeur salarié comme moi, je crois que la Rolex, c'est d'avoir le pouvoir sur la technique, de pouvoir dire merde à son manager quand on n'est pas d'accord avec ses choix et d'avoir le choix de son entreprise. Pour le reste, c'est bien connu : l'informaticien n'a que faire des horaires. Alors pourquoi s'embarasser avec une montre?